[INTERVIEW] DAVID MOQUET

Aujourd’hui, dans notre rubrique Interview, nous accueillons un nouvel auteur, David Moquet. J’ai lu, il n’y a pas longtemps, son premier livre Cavité. J’ai vraiment adoré son livre et j’ai décidé de vous le faire découvrir avec son auteur.

Ma chronique

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots pour nos lecteurs ?

J’ai 47 ans, je suis marié, j’ai deux enfants, j’habite à Eaubonne dans le Val-d’Oise et je travaille en tant que chef de projet dans un établissement financier à Issy-les-Moulineaux.

Est-ce que devenir auteur a toujours fait partie de vos rêves ? Si oui, comment avez-vous sauté le pas ? Si non, comment en êtes-vous venu à l’écriture ?

Non, étrangement, écrire n’a jamais fait partie de mes rêves. Adolescent, j’ai composé quelques poèmes, puis plus rien pendant trente-deux ans. En revanche, j’ai toujours beaucoup lu. Je crois que c’est la lecture qui m’a donné envie d’écrire. Un jour de décembre 2019, j’ai couché sur le papier un rêve que je faisais étant enfant, dans lequel je m’élevais dans les airs dans le jardin de ma grand-mère. Mon premier roman Cavité est parti de ce petit texte dont il ne reste rien dans la version finale.

Votre premier titre, Cavité, est un récit très psychologique. Que raconte ce roman globalement ?

Ce livre raconte l’histoire de Thomas, un garçon de dix ans qui va se trouver confronté à une situation bouleversante impliquant ses parents, et dont il va se rendre responsable. La culpabilité et la honte vont l’enfermer dans un gouffre psychologique toute sa vie. À 45 ans, les conséquences de ce drame finissent par retentir sur sa santé mentale et sur son couple, au point que sa femme le quitte.

Cet événement, combiné à un autre, va l’amener à réaliser une véritable introspection et à affronter ses démons.

Pourquoi avoir choisi de travailler le traumatisme d’enfance ? Vous projetez-vous en Thomas, votre personnage principal ? Si non, peut-on y voir une expérience connue chez un de vos proches ou connaissances ?

J’ai toujours été sensible à la question de la perte de l’innocence des enfants. Je trouve que la confrontation d’un enfant avec la violence des adultes constitue une situation particulièrement injuste et révoltante. Ils en gardent souvent des séquelles à vie.

Je me projette assez peu en Thomas, car je n’ai pas vécu de situation similaire à la sienne. J’ai passé ma jeunesse dans une famille heureuse, sans tragédie.

Sur quoi avez-vous basé votre travail pour construire l’histoire de Thomas et surtout son état psychologique ? Des témoignages ? Des médecins psychologues ?

J’ai construit le récit au fur et à mesure de son écriture en me laissant guider par mon inspiration. Pour m’aider à appréhender les aspects psychologiques, j’ai effectivement lu quelques études consacrées aux enfants victimes du type de drame que je décris dans le roman. Mais au-delà de la documentation, j’ai surtout essayé de me mettre à la place de Thomas et d’imaginer ce j’aurais ressenti si je m’étais trouvé dans la même situation que lui.

Pour accompagner ce traumatisme, vous travaillez aussi sur la reconstruction de soi. Cela vous touche particulièrement ? Ce thème s’est-il imposé à vous ? Ou est-ce vraiment après une profonde réflexion que vous vous êtes dit que vous vouliez travailler ces thématiques ?

Non, je n’ai rien prémédité, mais le thème de la reconstruction de soi doit probablement faire partie de mon inconscient.
Lorsque j’ai commencé Cavité, j’ignorais tout de l’histoire que j’allais écrire. Je n’ai pas rédigé de synopsis ni de fiches personnages. Je me suis lancé et les mots sont venus.

Cela a été pour moi, une vraie découverte, votre livre. Un page-turner. Comment avez-vous réussi, selon vous, à rendre votre récit fluide et addictif malgré ses thématiques ?

J’ai beaucoup travaillé sur le style et me suis efforcé d’écrire des phrases simples et courtes, sans multiplier les adverbes et les participes présents. Je crois que cette simplicité participe à la fluidité de la lecture.

J’ai aussi essayé de dévoiler progressivement les indices afin de faire monter lentement le suspense et d’amener le lecteur à avoir envie de découvrir ce drame qui a tant traumatisé Thomas.

J’ai également soigné les fins de chapitre, en utilisant des phrases « tremplins » qui relancent l’intérêt du lecteur.

Qu’est-ce que vous avez voulu faire ressortir dans ce récit chez vos lecteurs ?

J’ai avant tout voulu écrire une histoire touchante et bouleversante. En tant que lecteur, j’apprécie les drames, car j’aime ressentir des émotions intenses. Je crois que cela me caractérise également comme auteur.

Votre livre est autoédité, c’est un choix qui vous honore. Avez-vous pensé à l’éditer chez une maison d’édition quand même ou alors vous voulez rester indépendant ?

Je ne cherche pas nécessairement à rester indépendant, même si l’autonomie constitue l’un de mes traits de caractère. J’ai avant tout auto-édité ce roman en raison de sa taille. Avec un peu moins de 32 000 mots, ce livre rentre dans la catégorie des romans courts, un format peu demandé en France. Aussi n’ai-je pas voulu me lancer dans la recherche d’une maison édition, sachant que cette démarche s’avère déjà très difficile pour un premier roman.
J’avoue que j’étais aussi assez attiré par l’idée de tout concevoir moi-même, depuis la couverture jusqu’à la promotion.

Si vous deviez définir votre roman en deux mots, quels seraient-ils ?

Enfance et traumatisme.

Quelle serait votre anecdote la plus marquante que vous avez sur l’écriture de votre roman ?

Je pense à une chose en particulier. Ce n’est pas une anecdote à proprement parler, mais plutôt une réflexion que je me suis faite. J’ai commencé à écrire Cavité en décembre 2019 et en ai terminé le premier jet quelques jours avant le 17 mars 2020, date du début du confinement. En quelque sorte, Thomas, le personnage principal, est sorti du gouffre au moment même où je me retrouvais enfermé.

Avez-vous un conseil lecture à nous proposer en tant que lecteur et/ou auteur ?

Quelques livres m’ont marqué : « Azteca » de Gary Jennings, un incroyable roman d’aventures au temps des Aztèques. « La poursuite du bonheur » de Douglas Kennedy, un drame d’amour étourdissant. Et enfin, « Au revoir là-haut » de Pierre Lemaitre, un livre étonnant, prix Goncourt 2013.

Avez-vous un dernier mot à nous dire ou à faire partager ?

Oui ! Je travaille en ce moment à l’écriture d’un second roman, une histoire d’amour aux accents dramatiques (on ne se refait pas !), dont l’intrigue se déroule sur les six années de la Seconde Guerre mondiale.
Ce récit est un préquel de Cavité. Le lecteur y découvrira les origines lointaines du traumatisme de Thomas. Ce roman pourra être lu indépendamment de Cavité, car il constitue une histoire à part entière.

Merci à David Moquet, l’auteur de Cavité, pour cet interview !

Le découvrir :
Site : https://www.davidmoquet.com/
Instagram : https://www.instagram.com/davidmoquet95/
Twitter : https://twitter.com/MoquetD
Facebook : https://www.facebook.com/david.moquet.romancier

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