[INTERVIEW] JEAN-MARC DOFFPER

Aujourd’hui, dans notre rubrique Interview, nous accueillons un auteur connu, Jean-Marc Doffper.

Chronique

Oglin, la primitive
Étolien, le manchot
Yencil, le stratège

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots pour nos lecteurs ?

Pour me présenter succinctement, je dirais que je suis un créateur utilisant plusieurs médias, notamment l’écriture et la photo, afin de raconter des histoires et faire voyager le lecteur dans mon imaginaire.

Votre tout premier roman est un roman historique dont le titre est 1944 Carnet de vie aux Editions du Lau. Comment vous est venue cette idée ? Est-ce seulement par l’histoire d’un proche, ici de votre grand-père, que vous avez retranscrit ou êtes-vous tombé aussi dans les archives de votre ville qui vous a fait sauter le pas pour le récit-là ?


Pour mon premier roman 1944 Carnet de Vie, j’ai en effet voulu raconter le parcours, dans le sud de la France, de mon grand-père pendant l’année 1944, année charnière de la Seconde guerre mondiale.

Depuis que j’étais tout petit, à chaque fois que nous nous promenions en ville, il me racontait ses aventures : une anecdote tous les cent mètres. Et quand j’ai compris que cela allait se perdre un jour, j’ai décidé de conserver tout cela. Nous nous sommes mis autour d’une table. Il a parlé, j’ai noté.

Ensuite, j’ai passé beaucoup de temps à étudier les livres d’histoire et à regarder de nombreux documentaires pour recouper les faits, vérifier la chronologie et m’assurer qu’il n’y avait pas d’erreur.

Plus tard, à l’occasion de la préparation d’une conférence que j’ai donnée sur la libération de la ville d’Hyères, j’ai eu accès aux archives de la médiathèque. J’y ai trouvé des documents d’archives très intéressants, notamment sur la bataille de la libération de la ville. Un vrai trésor.

Etes-vous allé à la rencontre d’autres témoignages ou personnes pour souligner le côté réaliste de votre roman ?

Je me suis appuyé principalement sur les proposd e mon grand-père. En parallèle de mon travail d’écriture sur ce projet, j’ai beaucoup étudié de documentations, pour me plonger dans l’ambiance de l’époque et coller au plus près à la réalité. Mais ceci dit, maintenir le côté réaliste dans mon récit ne m’a pas paru être la chose la plus difficile à faire, car le projet a été mené en grande sincérité : chaque détail présent dans le livre est issu directement de la bouche de mon grand-père, qui lui ne faisait que relater ses propres souvenirs.

Qu’avez-vous voulu faire retranscrire dans ce récit ?

A travers ce récit, j’ai voulu donner à réfléchir sur plusieurs thématiques.

La première, c’est que quand j’ai travaillé sur le projet, j’avais une vingtaine d’année. De son côté, mon grand-père avait 20 ans au moment des faits. La question est donc (et il n’existe certes pas de réponse) : qu’aurais-je fait, à sa place ?

Ensuite, j’ai voulu souligner le fait que depuis la génération de mon grand-père, nous n’avons pas connu la guerre sur notre sol. Parmi les anecdotes qu’il me racontait, il y a celle de la bataille de la libération, à Hyères. Cela s’est déroulé là où actuellement il y a une cour de collège, celle-là même où j’ai passé mes jeunes années. Je n’ai jamais oublié le jour où il m’a dit « tu vois, là, dans cette cour, il y avait des morts partout. »

Pour continuer dans votre lancée, votre deuxième livre, Embarqué[s] ! toujours aux éditions du Lau, qui est plus porté sur l’action, si j’ai bien saisi, a toujours pour thème la guerre. Ici, c’est un hommage autrement différent mais toujours aussi percutant aux reporters de guerre. Pourquoi sur eux en particulier ?

Quand j’ai commencé l’apprentissage de la photographie, le premier livre que j’ai eu en main a été un livre de photos sur la guerre du Vietnam. Cela a été un choc pour moi, car les visages que j’ai vus dans toutes ces photos étaient vrais dans l’action. Plus tard, j’ai porté mon attention sur le traitement de l’information, et en particulier du point de vue photographique.

Qu’arrive-t-il à l’information entre le moment de la prise de vue, sur place, et son résumé diffusé en 10 minutes au JT de 20 heures ? Dans le confort de nos canapés, que comprenons-nous exactement de ce qui se passe à l’autre bout du monde ? Est-il seulement possible de comprendre un événement dans son ensemble ?
J’ai donc souhaité, à l’aide d’une aventure remplie d’action, de plonger le lecteur dans les coulisses de ce métier très méconnu qu’est reporter de guerre.

L’écriture de ce livre s’est-elle révélée différente que celle du premier ? Si oui, quelles ont été les différences les plus flagrantes ?

La principale différence entre les deux livres a été la gestion de la chronologie du récit.

Pour « 1944 Carnet de Vie », je me suis attaché à scrupuleusement respecter l’ordre des événements, à articuler chaque aventure en fonction de ce métronome historique. Au contraire, pour « Embarqué(s) ! », j’avais toute latitude pour déplacer mes différentes séquences, jouer sur le temps pour servir mes effets dramaturgiques.

Quels sont les thèmes principaux de votre roman ?

J’ai construit ce roman en abordant là aussi plusieurs thématiques. D’abord, j’ai voulu questionner le lecteur sur le rôle de l’image dans notre société, qui est devenue avec l’ère du numérique non seulement hyper-connectée, mais aussi hyper-visuelle.

Ensuite, le récit a aussi pour objectif d’immerger le lecteur dans les coulisses du métier de photo reporter, afin de le faire réfléchir sur le pourquoi du comment les reportages se font, et quels en sont les enjeux.
J’ai eu la chance d’avoir été préfacé par Patrick Chauvel, un reporter de guerre en activité depuis la guerre du Vietnam, qui donne dès le début un angle de lecture de ce roman.

Pourquoi avoir choisi de traiter la “guerre” – un récit se déroulant durant une guerre – dans vos deux premiers romans ?

La guerre présentée dans le premier roman s’est imposée d’elle-même, puisqu’il s’agit du contexte réel dans lequel a évolué mon grand-père au moment où il vivait les aventures les plus intenses de sa jeunesse.

Quant à celle du deuxième roman, j’ai choisi de travailler dans cet univers car c’est souvent dans ces zones d’ombre que l’on retrouve exacerbées à leur maximum les traits du caractère humain. On y retrouve dévoilés l’horreur tout comme la grandeur d’âme.

Si on vous demande de regarder en arrière vers les moments d’écriture de ces deux romans, vous regrettez certaines choses ?

Je ne regrette aucun des moments d’écriture, qui parfois ont été difficiles, longs et porteurs de doutes. Ce sont eux qui ont forgé l’écriture que j’ai aujourd’hui, qui ont défini mes méthodes de travail et mes thématiques actuelles.

Le troisième livre, Nouvelle Ligne, marque un tournant dans votre vie et dans votre écriture. En effet, ce livre, qui est votre premier livre en autoédité, est votre propre témoignage sur l’attente et l’arrivée de votre premier enfant. Est-ce que l’écriture a été un exutoire durant cette période ?

L’idée maîtresse derrière le roman « Nouvelle Ligne » est double. D’abord écrire pour ne pas oublier, et ensuite pour partager. Parce que tout au long de ces neuf mois d’attente, je me suis rendu compte que non seulement j’avais mille et une interrogations sur ce que signifiait devenir papa, mais aussi que je n’étais pas le seul à m’interroger.

Quand vous avez reçu la nouvelle et après avoir pu la fêter dignement, est-ce que ce livre ou son idée flottait déjà dans le coin de votre tête ? Si non, quand vous est-elle venue ?

A vrai dire, je n’ai pas pensé à écrire un livre sur cette période pendant toute l’attente de l’arrivée de mon enfant.
Ce n’est que quelques jours après la naissance, au milieu de la nuit, que l’idée est arrivée, je dois le dire… un peu comme un pavé dans la marre. Une envie incontournable, il m’a paru nécessaire de raconter ma petite histoire. C’est aussi à ce moment-là que j’ai décidé de traiter ce sujet d’une façon légère, feel good, car je n’ai pas la prétention de donner dans ce roman le moindre conseil du type comment devenir papa.

Comment s’est passé l’écriture de celui-ci ? Quelles en ont été les plus grandes difficultés et les plus grandes facilités ?

L’écriture a été fluide. A partir du moment où l’envie d’écrire ce passage de ma vie est apparue, les choses se sont mentalement mises en place avant même de me mettre au travail. Les réflexes de gestion de la chronologie, acquis lors de l’écriture de mon premier roman, sont vite revenus, ainsi que cette agréable sensation de plaisir qui va avec.

Côté difficultés, j’ai fais très attention à deux aspects. D’un côté à ne surtout pas donner de leçon (car il me semble ne pas être le premier homme à devenir papa), et d’un autre côté à positionner avec justesse le curseur entre l’intime et le privé.

Pourquoi avoir plutôt choisi l’autoédition plutôt que de passer par une maison d’édition ?

Ce roman étant intimiste, il m’a paru naturel de le publier en autoédition.

Je pense que, malgré le fait que je sois attaché aux maisons d’édition et des engrenages qui y sont associés, ce petit monde est en mutation. L’autoédition est en train d’acquérir ses lettres de noblesse et se débarrasse progressivement de son image d’amateurisme. Je voulais tester tout cela.

Après avoir ce petit interlude humoristique, vous vous lancez dans un très grand projet de fantasy, Le Cycle de Barcil. En effet, ce ne sont pas moins de dix nouvelles et un roman que vous prévoyez. Comment vous en êtes-vous venu à ce genre-là après vos trois premières publications ?

A vrai dire, le Cycle de Barcil est un projet qui était déjà là avant mon premier roman, il y a plus de vingt ans, donc. C’était un germe protéiforme dont je ne parvenais pas à définir les limites, que je sentais encore non mûr et auquel je revenais régulièrement travailler.

Ce n’est qu’une fois mon roman Nouvelle Ligne paru que j’ai senti qu’il était temps de structurer et de développer ce monde fantasy, que j’ai nommé Barcil.

Si vous deviez présenter ce nouvel univers que vous créez en quelques mots, quels seraient-ils ?

Le Cycle de Barcil est un monde à quatre facettes, dont deux ont déjà été révélées au lecteur. Il a été construit de façon à me permettre d’aborder différents sujets qui me tiennent à cœur, notamment les relations entre les peuples, entre ceux-ci et le monde qui les héberge, et aussi une certaine forme de spiritualité.

D’où vient ce monde de Barcil si abondant et si précis ?

Concrètement, le monde de Barcil est né lors d’un concours de bande dessinée.

Le sujet et la longueur étaient imposés (parler d’un ange sur 16 planches maximum), j’avais imaginé une histoire courte à la Roméo et Juliette dans un univers fantasy. C’était punchy, car en ce nombre de pages restreint il me fallait tirer les quatre lignes de l’embryon de mon univers, tout en présentant les personnages et les enjeux de l’histoire. Pour tout dire, la participation à ce concours a été un échec, je pense même que le projet n’a pas été envoyé dans la date limite. Mais qu’importe, la première pierre était posée.

A cette époque, je jouais pas mal aux jeux de rôle, et l’idée est naturellement venue de faire se dérouler les aventures de mes joueurs dans ce monde. Cela a eu pour effet d’étoffer les paysages, les peuplades et le bestiaire. Le principe de base du monde était assez clair dans mon esprit, mais encore brouillon dans ma façon de traiter les enjeux sous-jacents car tout cela manquait encore de profondeur.

Dans la décennie qui a suivi, j’ai effectué deux autres tentatives pour concrétiser le projet en bande dessinée, avec plusieurs dessinateurs. Cela non plus n’a pas abouti. Mais ces reprises en main successives m’ont permis de vraiment approfondir le monde et de structurer mes idées.

C’est alors qu’après la parution de mon roman « Nouvelle Ligne » j’ai réellement fait une synthèse de mes avancées successives et ai constaté que maintenant j’étais prêt pour me lancer dans l’écriture en prose de mon récit, sous forme d’un cycle comportant dix nouvelles et achevé par un roman.

Vous marquez dans votre site que chaque nouvelle possède un message spécifique dont le personnage principal est un trait de caractère humain précis. Pourquoi avez-vous voulu créer vos nouvelles avec ce plan-là ?

L’histoire est pour moi un prétexte pour aborder les traits du caractère humain. A travers chacun des personnages principaux de mes récits, je souhaite présenter une spécificité. Et, comme le monde n’est pas binaire, ces traits se croisent et s’emmêlent, se contredisent parfois. C’est ce qui, à mon sens, donne de la profondeur et de crédibilité aux personnages.

Comment avez-vous défini vos personnages avec leur trait de caractère ? Êtes-vous parti du trait pour créer vos personnages ou alors l’avez-vous juste exacerbé dans son caractère de base ?

Je démarre souvent une nouvelle aventure en ayant en tête le thème principal, avec souvent l’une des scènes charnières de celle-ci. Ensuite viennent se positionner les personnages. Dans un premier temps, je définis un caractère majeur pour chacun d’eux, un peu archétypal. Puis, au fil du développement du texte, tout cela s’orchestre et se structure, se nuance. Parfois même un personnage sort de son rôle et prend ses propres décisions. C’est-à-dire que dans une situation bien précise, la réaction pré-imaginée de mon personnage ne colle plus avec son développement. Alors je sais que ce personnage est bien trempé, qu’il est crédible. Je le laisse alors prendre sa décision et réajuste l’histoire en fonction de ce nouveau paramètre.

Comment vos personnages ont-ils été créés ? Avez-vous des “modèles” dans votre vie ?

Mes personnages sont hybrides, car basés à la fois sur des biographies d’hommes d’exception ou tout simplement de mon entourage, ainsi que sur des personnages fictifs. Ensuite, je leur insuffle leur propre personnalité et leurs contradictions pour les rendre plus attachants et authentiques.

Outre les personnages, le monde de Barcil est donc un reflet du nôtre, n’est-ce pas ? Parlez-vous d’un aspect général de notre monde ou alors vous vous focalisez sur certains aspects très précis comme la politique, l’économie etc ?

Le monde de Barcil est en effet un miroir du monde dans lequel nous vivons, enrobé d’un peu de fantastique, de poésie… et de noirceur, aussi. J’y expose, à travers de multiples facettes, ma propre vision du monde. Tout au long de mes récits, j’aborde tour à tour plusieurs aspects dans le but de poser le doigt sur telle ou telle thématique qui me tient à cœur. Cela va de notre rapport à la nature et à la technologie, en passant bien entendu par la structuration politique et économique de nos sociétés.

Par ce biais, souhaitez-vous faire prendre conscience à vos lecteurs les aspects négatifs comme positifs – ou l’un ou l’autre – de notre monde actuel ?

Je n’ai pas la prétention de donner au lecteur de leçons ou des conseils.

Ce qui m’intéresse avant tout, c’est de lui poser des questions ouvertes. Bien sûr, j’ai ma propre vision sur les tenants et les aboutissants de mes récits, mais libre au lecteur de décider des réponses qu’il souhaite apporter. Ce qui compte, c’est la question et le chemin qui mène à sa propre réponse.

Les messages transmis dans chaque nouvelle, sont-ils à prendre comme une morale à l’instar des Fables de La Fontaine ? Les avez-vous rendus subtiles ou alors tout lecteur peut facilement les comprendre à la lecture ? D’après vos retours, sont-ils majoritairement compris ?

Je n’irai certes pas pousser la prétention jusqu’à me comparer à La Fontaine. Les messages sous-jacents de mes récits sont à la discrétion du lecteur. C’est-à-dire qu’il peut tout à la fois se laisser emporter par l’action et l’aventure et s’arrêter quelques instants pour se poser quelques questions sur l’attitude des personnages et leur rapport au monde. Ceci dit, il m’arrive souvent de constater dans les retours de lecture que les messages sont bien passés, et que les lecteurs mettent souvent le doigt sur le fond de thématique sur lequel j’ai travaillé.

Que cherchez-vous à transmettre dans l’écriture et la lecture de cet univers ?

Je m’attache à parler en particulier du caractère humain.

Chacun de mes projets est articulé sur cet axe majeur, et les leviers dramaturgiques, au-delà du divertissement de l’action et autres paysages fantastiques, sont utilisés dans cet unique but : donner à réfléchir au lecteur sur ce qui fait que nous sommes des êtres humains, avec son génie et ses travers.

Donc, tout simplement, je souhaite amener une réflexion au lecteur. Ce qui m’importe est bel et bien le chemin de la réflexion, car la réponse appartient à chacun… en fonction du prisme par lequel il contemple la vie.

Avec les conditions actuelles de la France – COVID-19, couvre-feu et confinement – est-ce que cela pourrait se retrouver dans la réflexion d’une de vos nouvelles ?

La crise sanitaire que nous traversons a emmené chez moi un nouvel axe de réflexion sur notre monde. Nous vivons une époque charnière, où tout ce qui se passe au quotidien permet des projections mentales sur des avenirs probables qui, il n’y a pas si longtemps que ça, étaient improbables. Et j’ai pu constater qu’en ce moment, les coutures sont en train de craquer. La structuration de notre économie et de notre rapport à l’autre s’en trouve fortement impactée. Je m’attache à étudier tout cela, ce qui, j’imagine, refera surface à un moment ou à un autre dans mes écrits.

Vous en êtes actuellement à cinq nouvelles sur dix, avez-vous une idée d’une date pour la publication de la dernière et dixième nouvelle ?

Je ne peux pas encore annoncer une date sur la sortie de la dernière nouvelle, ni celle du roman. Ce qui est certain, c’est que chaque jour qui passe, je rajoute une pierre à l’édifice. Le rythme de sortie des aventures est bien sûr trop lent pour le lecteur, mais je tiens à faire paraître chacun de mes textes uniquement lorsque je suis certain, en mon for intérieur, que celui-ci est correctement achevé. Malgré tout, je m’attache à tenir un rythme régulier de parution, de façon à ne pas enchaîner certaines sorties pour ensuite faire patienter trop longtemps le lecteur.

Par contre, je peux d’ores et déjà vous annoncer que l’écriture de la sixième aventure est finie. Elle sera intitulée « Ugo le Sage ». Nous allons nous mettre au travail en tout début d’année, avec l’illustrateur Xavier Drago, pour produire la couverture. La parution aura lieu aux environs d’avril-mai 2021 !

Parce qu’il faut savoir qu’après ces dix nouvelles, un roman arrive. Comment comptez-vous organiser le plan de ce roman ? Va-t-on retrouver tous les personnages des nouvelles ? Un personnage principal inconnu ou auront-ils chacun leurs “heures de gloire” dans ce roman ?

C’est pendant la mise en place du roman que l’idée d’en extraire de petites aventures liées à chaque personnage est née. Le but étant double : d’une part commencer l’immersion du lecteur dans le monde de Barcil et de ses Dieux, et ensuite pour fortifier les liens entretenus entre le lecteur et l’ensemble des personnages.

En fin de compte, tous ces personnages vont évoluer dans le roman, se croiser, s’allier… et s’affronter.

Le roman sera donc le point final de toute cette épopée. Avez-vous déjà hâte de le commencer ou préférez- vous savourer chaque instant et chaque nouvelle écrite ?

Le roman sera bel et bien le point final du Cycle de Barcil, et il est déjà presque totalement écrit.

J’ai mis en pause cette écriture pour me consacrer entièrement aux nouvelles. Cela me permet de densifier l’univers, de lui apporter une certaine profondeur historique avant de jeter mes personnages dans la grande aventure du roman. Et je dois dire que cela me permet, à moi aussi, de profiter encore un peu plus des paysages du monde, de ses ambiances parfois légères et parfois plus sombres.

L’écriture des nouvelles me fait aussi retourner dans les passages du roman déjà écrits pour les ajuster ou les compléter. J’espère ainsi créer un tout cohérent dont toutes les pièces se répondront parfaitement entre elles.

Quand ce projet sera terminé, cela vous rendra sûrement triste. Cependant, avez-vous d’autres projets en tête que vous mettez de côté pour vous concentrer sur lui ?

Je prévois en effet une part de tristesse monter au moment de la parution du roman bien que ce sera enfin la dernière pierre de l’édifice, celle qui fera embrasser l’ensemble du projet au lecteur. C’est normal, car je travaille sur l’univers de Barcil depuis si longtemps, chaque jour.

D’autres projets apparaissent souvent. Mais comme je souhaite rester concentré sur le Cycle de Barcil, pour notamment ne pas faire exploser les intervalles de sorties, je note tout cela dans un carnet. Cela permet aussi de laisser mûrir toutes ces idées, de vérifier dans le temps qu’elles sont fortes et suffisamment profondes pour me permettre d’y consacrer un nouveau roman.

Quelle serait votre anecdote la plus marquante que vous avez sur votre projet, Le Cycle de Barcil ? Et sur votre carrière de romancier ?

Il m’est déjà arrivé, par exemple sur mon roman « Embarqué(s) ! », de réfléchir à une situation d’anticipation. Je pense là à une scène d’action se déroulant sur une plate-forme pétrolière ayant subi des avaries telles qu’une énorme marée noire arrive. Quelque temps après cet exercice, l’actualité a donné raison à mon raisonnement : cela s’est produit, à quelques détails près, sur une structure offshore dans le Golfe du Mexique. Un indice me confortant dans mes pensées d’anticipation.

A propos des nouvelles du Cycle de Barcil, on me fait souvent le commentaire qu’il s’agit de « courtes » nouvelles. A vrai dire, c’est étonnant, car ce format (bien qu’il n’existe aucune règle sur le sujet et que la distinction nouvelle-roman soit plus axée sur une structuration de l’œuvre que sur sa longueur) s’inscrit en général sur une base d’environ 4 000 mots. Mes aventures comptent toutes entre 7 000 (pour « Orglin la Primitive ») et 13 000 mots (pour « Riguel le Téméraire »), ce qui fait qu’on pourrait plutôt les qualifier de courts « romans ».

Avez-vous un conseil lecture à nous proposer en tant que lecteur et/ou auteur ?

Mes modestes conseils pour les lecteurs se porteront en premier lieu sur les classiques tels Frank Herbert, Jules Verne, Alexandre Dumas ou encore Hugo qui sont évidemment de puissantes références. Dans les contemporains, je citerai « L’essaim » de Frank Schätzing, qui sait, en plein milieu de son histoire rebattre radicalement les cartes ; « La Trilogie du Mal » de Maxime Chattam, qui manie le suspense avec brio.
Pour un auteur, je pourrais conseiller « Ecriture : Mémoires d’un métier » de Stephen King et « Mémoires d’écriture » de Jean Van Hamme, qui prouvent tous deux que la chemin de l’écriture ne peut être vécu sans passion, travail et persévérance. Sans oublier bien sûr « La dramaturgie » d’Yves Lavandier, qui a été pour moi une pierre angulaire pour structurer mes histoires et réellement être aux commandes de celles-ci.

Avez-vous un dernier mot à nous dire ou à faire partager ?

Pour conclure en simplicité, je dirais que la curiosité des choses est un extraordinaire moteur pour à la fois produire une œuvre, tout autant qu’en découvrir de nouvelles.

Merci à Jean-Marc Doffper pour cet interview !

Le découvrir :
Site : http://dopffer.fr/
Instagram : https://www.instagram.com/jeanmarcdopffer/

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