[SEINEN]LE PERCE-NEIGE

Le lecteur suit le quotidien difficile de Haruka Nozaki, une adolescente qui emménage avec sa famille dans une petite ville du Japon. Elle intègre ainsi l’école du village et doit faire face aux harcèlements de ses camarades de classe particulièrement cruels. Ne voulant pas inquiéter sa sœur et le reste de sa famille, Haruka décide de prendre sur elle du mieux qu’elle peut. Mais tout bascule lorsque ses bourreaux provoque par accident l’incendie de sa maison, entraînant la mort de ses parents et le coma de sa petite sœur, gravement brûlée. Haruka décide alors de se venger…

ATTENTION SCENES CHOQUANTES !

Quelle belle couverture. On est sur une dominance de blanc qui représente ici la neige. Ce blanc évoque souvent, dans l’esprit humain, la clarté, la pureté, la lumière, la vérité, la conscience. Le perce-neige, quant à lui, est le symbole de l’espérance. Mais quelques petits détails ne donnent déjà des indices de ce qui nous attend vraiment. L’air de tristesse sur le visage de Haruka et les quelques gouttes de sang en haut de l’image. Cela pourrait être interprété en linguistique comme ce que l’attend dans le futur, ce qui la surplombe.

Sur la couverture du tome 2, on retrouve la même dominance mais maintenant, on en comprend la signification. Car le blanc peut faire peur. Il semble vide, sans consistance et sans relief. On parlera alors d’absence, de transparence, de silence, de manque de vie. Et le perce-neige prend son autre sens, la consolation.

Dès le début, on arrive sur une dureté par le trait du dessin. Sombre, dur et assez gras. Les proportions des dessins semblent mettre tout le monde sur la même égalité que ce soit la professeur que ses élèves. Cela se justifiera au fil de la lecture.

Haruka est nouvelle dans cette ville, suite à la mutation de son père, et intègre le collège qui va fermer. Une dizaine d’élèves reste seulement dans cette école. Tout au long de cette duologie, on a l’impression que l’école ne concerne que cette école, qu’il n’existe qu’elle. Étant nouvelle dans la classe, Haruka casse la monotonie de la classe. Elle va alors devenir la souffre-douleur.

Le harcèlement scolaire de Haruka passe d’un simple déplacement de table – de cours, insultes gravées sur le bois de celle-ci, vol de chaussures à quelque chose de plus en plus hostiles.

L’atmosphère est parfaitement retranscrite. On est dans l’ambiance glauque, malsain… Haruka supporte en silence pour ne pas inquiéter sa famille, la prof se tait traumatisée par sa propre peur et souffrance, des élèves de plus en plus exaltés et cruels.

Sa famille, heureusement aimante et solidaire, va remarquer les souffrances de Haruka – surtout après la visite du père au collège. Ils ne vont pas prendre en compte de sa profondeur puisque leur fille ne leur dira rien. Mais ils lui disent de ne pas retourner à l’école. Ce que Haruka accepte mais pas ces bourreaux. C’est à partir de là que l’enchaînement s’accélère.

En parcourant les tomes, on se rend compte que chaque personnage est profondément marqué par la peur, la cruauté, l’indifférence ou le silence.

Le deuxième tournant de cette histoire est quand un feu prend la maison de Haruka ainsi que ses parents et mettant sa petite soeur grièvement blessée dans le coma. Ce tournant se fait chez Haruka qui semble, sous la tristesse, se briser. En effet, on apprend assez rapidement que l’incendie a été commis par les élèves de sa classe.

Dans ce deuxième tome, on en apprend plus sur la psychologique des autres personnages. Comme Aiba qui protège Haruka, Teako qui est l’investigatrice du harcèlement, Rumi qui est passée de victime à bourreaux. La psychologie des personnages sont de plus en plus développée. Chacun cache aux profonds de lui des beautés et des laideurs. On ne s’attend pas à toutes les révélations.

On va aussi découvrir dans ce tome, les parents des élèves. On se rend alors compte qu’ils ne sont pas si différents de leurs enfants et on se dit que l’éducation a aussi un grand rôle à jouer. Ils n’ont pas hésité à s’en prendre au professeur de leurs enfants. Les dessins pour les parents sont plus forcés en raison de l’âge de leurs traits mais cela les rend d’autant plus malsains.

L’auteur ne prend pas de pincettes avec le lecteur. Cru, dur et cruel, il nous montre la laideur des habitants de cette ville pourrie. Un à un, on tombe sur la bassesse des humains. C’est un magnifique portrait de la nature la plus vile de l’humanité. La cruauté, l’instinct, la vengeance se dépeint tout au long des deux tomes par des scènes choquants. Dès le début l’horreur et le gore seront présents.

Les dernières pages sont d’une douceur et d’une nostalgie qui est empreint de tristesse. Les pages semblent être celles de l’immense vide qui nous envahit après ces tomes, tout comme celle de la fin de cette histoire.

TITRE : Le perce-neige
AUTEUR :  Rensuke Oshikiri
ÉDITEUR : Omaké manga

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